Rentrée 2011 : réforme de l’enseignement des langues

Conformément à ce qui est prescrit par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et dans le prolongement des idées exprimées par les familles lors de l’enquête menée au cours du mois d’octobre 2010, la section primaire du lycée français de Moscou mettra en oeuvre un certain nombre d’aménagements à la rentrée 2011 dans le cadre de l’enseignement des langues. Quatre modifications majeures sont à noter :

  • la création d’une petite section (PS) bilingue ; 
  • le remplacement du dispositif d’enseignement en binôme par l’enseignement partiel des mathématiques en russe en tant que discipline non linguistique (DNL) dans les classes à horaires renforcés en russe (CHRR) du CP au CM2 ;
  • le dédoublement des classes du cycle 3 pour l’enseignement de l’anglais, à l’image de ce qui se fait actuellement en matière d’enseignement du russe ;
  • la création de classes à horaires renforcés en anglais (CHRA) du CE2 au CM2 reprenant le modèle des CHRR.

Pourquoi ces quatre changements ?

  • Pourquoi une petite section bilingue ? Pour offrir le bilinguisme dès la première année aux élèves strictement russophones (de façon impérative, lors d’une première inscription), mais également aux élèves binationaux franco-russes qui vivent déjà le bilinguisme à la maison ainsi qu’aux élèves francophones dont les parents souhaitent qu’ils apprennent le russe de façon intensive dès le plus jeune âge.
  • Pourquoi l’enseignement partiel des mathématiques en russe dans les CHRR ? Pour placer les élèves dans d’authentiques situations de communication, condition nécessaire à l’apprentissage d’une langue. Les mathématiques se prêtent particulièrement bien à ce type de démarche. En effet, étudier les mathématiques, c’est chercher en groupe, exposer ses démarches aux autres, présenter ses résultats, interroger, argumenter, etc., le tout en utilisant un vocabulaire à la fois précis et répétitif. Mais c’est aussi développer une compréhension nécessairement fine des énoncés de problèmes et produire des écrits brefs, mais aux contenus précis et rigoureux. Enfin, le fait de choisir les mathématiques en tant que DNL pour l’apprentissage d’une langue est un gage de réussite, étant donné l’importance que chacun accorde à cette matière.
  • Pourquoi le dédoublement des classes du cycle 3 pour l’enseignement de l’anglais ? Pour accroître la qualité de l’offre d’enseignement de cette langue à partir du CE2. Après une initiation à l’anglais au CE1, il est nécessaire de proposer un dispositif permettant d’atteindre des objectifs plus ambitieux que ceux actuellement visés. D’où la mise en oeuvre d’un dispositif analogue à celui retenu pour l’enseignement du russe.
  • Pourquoi l’enseignement partiel des mathématiques en anglais dans les CHRA ? La réponse est contenue dans les deux points précédents : pour offrir une exposition à la langue anglaise plus importante qu’elle ne l’est actuellement et permettre ainsi le développement de compétences nombreuses dans cette langue ; pour placer les élèves dans de réelles situations d’échange, facteurs d’apprentissage d’une langue. 

Un décompte précis des heures d’enseignement dans les différentes langues selon les niveaux, le type de classe et les sites fréquentés figurent en troisième page de ce document.

Si l’on s’appuie sur les effectifs actuels, près d’un élève sur deux (47% exactement) sera concerné par la réforme de l’enseignement des langues à la rentrée prochaine.


La mise en oeuvre d’une telle réforme peut susciter des craintes : 1) N’est-il pas osé de procéder simultanément à autant de changements ? 2) Ne risque-t-on pas de placer un élève en situation d’échec en lui enseignant les mathématiques partiellement en russe ou en anglais ? 3) Ne va-t-on pas défavoriser les classes traditionnelles en renforçant l’enseignement des langues dans les CHRR et en créant les CHRA ?

  • Pour ce qui est du nombre de changements, il faut savoir que ces derniers sont l’aboutissement d’une longue réflexion. Les premières concertations à ce sujet avec les enseignants de l’école ont débuté il y a un an déjà et ont permis la rédaction de ce projet, validé au cours du mois de février 2011 par l’inspecteur de l’Education nationale en charge de la zone « Europe orientale et scandinave ». 
  • Pour ce qui est des craintes liées à l’apprentissages des mathématiques en russe ou en anglais, il faut savoir que :
    • sur les cinq heures hebdomadaires allouées à l’enseignement des mathématiques aux cycles 2 et 3, cette discipline sera enseignée à raison de trois heures trente en français et de une heure trente en russe ou en anglais (voir page suivante) ; 
    • les deux enseignants en charge de cette discipline au sein des CHRR et des CHRA (l’un en français, l’autre en russe ou en anglais) devront bâtir des programmations communes avant le terme de la présente année scolaire et se concerter ensuite régulièrement en vue d’harmoniser leurs travaux. Nous ferons l’acquisition de manuels scolaires de mathématiques facilitant cette démarche ;
    • les enseignants en charge des mathématiques en russe et en anglais s’engageront à mettre en oeuvre les démarches habituellement préconisées pour cette discipline dans le système éducatif français. Au besoin, ils seront initiés à celles-ci avant la fin de l’année scolaire en cours et bénéficieront d’un suivi l’an prochain. Il faut également savoir que les évaluations de mathématiques seront réalisées dans la langue choisie par l’élève (obligation faite par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger). 
  • Pour ce qui concerne le risque de défavoriser les filières traditionnelles en renforçant l’enseignement des langues dans les CHRR et en créant les CHRA, il faut savoir :
    • que les critères d’admission en CHRR et en CHRA ne seront pas élitistes. Pour les élèves déjà inscrits dans notre école, il s’agira : a) d’avoir une certaine aisance en langue française (à titre d’exemple, certains élèves strictement russophones lors de leur première inscription à l’école ont aujourd’hui acquis cette aisance et pourraient être inscrits en CHRA) ; b) d’avoir la capacité à progresser en russe ou en anglais selon la classe demandée (et non d’être parfaitement russophone ou anglophone) ; c) de ne pas éprouver de difficulté particulière dans l’apprentissage des mathématiques (ce qui ne signifie pas déjà maîtriser le contenu du programme avant que celui-ci n’ait été abordé en classe) ;
    • que les enseignants de l’école continueront de veiller à l’équilibre des classes lors de la constitution de celles-ci au terme de chaque année scolaire. 

En tant que parent, comment demander que son enfant fréquente un type de classe donné ?

Avant le 15 avril 2011, les familles sont invitées à retourner le questionnaire figurant en quatrième page de ce document. Elles doivent notamment indiquer si elles pensent réinscrire leur enfant à l’école française de Moscou au cours de l’année scolaire 2011-12 ainsi que le type de classe (classe traditionnelle, classe bilingue, CHRR, CHRA) qu’elles souhaiteraient qu’il fréquente. Selon le type de classe demandé, les familles peuvent être amenées à indiquer ce qui motive leur choix. L’équipe pédagogique traitera ensuite ces demandes au regard des critères mentionnés ci-dessus et des compétences développées par les élèves. Une réponse écrite sera transmise à la famille.